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Paillage     

Paillage : conférence de Mr VEYS: SRHGx 23 /02/2025

José Veys (Ferme Nos Pilifs) n’a qu’un seul regret : celui de n’avoir pas toujours été jardinier ! Il est entièrement auto-didacte. Aujourd’hui, son association, Jardin de Pomone*, est une des plus actives et des plus sollicitées à Bruxelles. Anne Bortels, sa compagne, et lui s’investissent également dans une seconde association, Belgappétit, dont l’objectif est de réintroduire la biodiversité dans l’assiette.   

Jardin de Pomone (est la divinité des fruits) fait du travail conservatoire sur les variétés cultivées et s’emploie à la revalorisation, par la cuisine, de plantes que les gens ne connaissent plus et qu’ils sont pourtant tout à fait capables de cultiver eux-mêmes.

Les atouts du mulching

Pourquoi et comment pailler efficacement au potager ?

Paillis et Paillage

En agriculture et jardinage, le paillis ou mulch est une couche de matériau protecteur posée sur le sol, principalement dans le but de modifier les effets du climat local. Si, à l’origine, le terme dérive de paille, de nombreux autres matériaux naturels ou synthétiques sont utilisés à cet effet.

 L’opération qui consiste à mettre en place ce matériau est le paillage.

Mulching est un mot anglais qui peut se traduire en français par « paillage ». Cette technique consiste à ne pas ramasser l’herbe qui vient d’être coupée, à la laisser sur le gazon pour protéger celui-ci. Elle est finement broyée à plusieurs reprises pour créer une sorte de paillis, appelé aussi « le mulch ». Ce paillis composé d’herbe hachée se répand facilement entre les brins du gazon, il viendra par la suite se décomposer et agira tel un engrais.

On entend souvent qu’« un mulching bien fait est un mulching qui ne se voit pas » ! Plus l’herbe sera coupée finement et étalée de manière uniforme, plus votre mulching sera réussi esthétiquement et sera bénéfique pour le sol !

Préambule

Le paillage est le 3ème principe de base du « Bio »

1er principe : Rejet total des pesticides de synthèse et des engrais chimiques

2ème principe : Fertilisation grâce au compost et engrais verts

3ème principe : le paillage : ne jamais laisser la terre nue

4ème principe : Pas de retournement du sol

5ème principe : Polyculture : recherche des bonnes associations de variétés

6ème principe : Rotation des cultures

Le paillis : une « panacée » …  ou presque !

Paillis : couche de matière (organique ou non) couvrant le sol :

2 fonctions principales :

. Pour limiter les pertes en eau du sol, jusque 40 % d’économie en eau.                                                                     

  • Pour limiter la levée des herbes adventices, mais attention aux limaces

Autres avantages du paillis

  • Parce qu’il est le plus souvent organique, le paillis nourrit et amende la terre en se décomposant comme du compost

Remarque :

Amendement : substance incorporée au sol visant à en améliorer les propriétés physiques

Engrais : substances utilisées seules ou en mélanges, et destinées à apporter aux plantes des compléments d’éléments nutritifs, pour en améliorer la croissance et le rendement.

  • Parce qu’il peut être aussi minéral ou synthétique
  • Parce qu’il régule la température du sol
  • Parce qu’il améliore l’irrigation naturelle du sol en limitant le ruissellement des eaux de pluie (un binage = 2 arrosages)
  • Parce qu’accessoirement il revêt un intérêt esthétique pas du tout négligeable

Pour un sol fertile et vivant

  • Le paillis ne devrait manquer nulle part au jardin, au potager ou en ornement sous des plantes herbacées ou ligneuses, annuelles ou vivaces
  • Le choix de paillis est vaste : dans le commerce et ceux que vous pouvez produire et utiliser vous-même
  • Le bon choix du paillis devra prendre en compte 4 critères principaux :
  • Vitesse de décomposition
  • Densité
  • Coût
  • Malléabilité

Paillis, pour quelles cultures ?

  • Éviter de pailler les plantes couvre-sol (car trop petites et risque d’étouffement) et les plantes de rocaille ne nécessitent pas de paillage.
  • Pailler de préférence les végétaux les plus exigeants en eau : delphiniums, dahlias, pétunias, chrysanthèmes, aubergines, fraisiers, tomates

Quand pailler ? À partir de fin avril

Le paillage d’un terrain gelé empêche le sol de se réchauffer.

A cette période printanière, vous limiterez le danger d’étouffer vos plants sous un paillis

Avant de poser un paillis, il faut pratiquer un désherbage physique et un arrosage de la surface à couvrir puis seulement poser le paillis.

Une précaution valable pour tous les paillages : prévenir la « faim d’azote »

Comprendre et éviter une faim d'azote — Triple PerformanceLe phénomène de « faim d’azote » se manifeste par un affaiblissement des plantes, un retard de croissance et/ou une décoloration des feuilles. Il se produit quand le sol est trop riche en carbone comparativement à l’azote, ce qui peut être causé par certains apports de matière organique (paille ou BRF par exemple).

Dans le paillis en décomposition, le manque d’azote induit une compétition entre les micro-organismes et les plantations. Les micro-organismes puisent l’azote dans le sol et le consomment. Une carence survient qui retarde la croissance normale des plantes.

Éviter l’utilisation de la tourbe.

Alternative : ajout de sciure de bois, mais il y a le phénomène de « faim d’azote ». Parfois, on récupère le retard de croissance, mais avec beaucoup de retard.

En cas de retard de croissance, on arrosera copieusement avec un purin de consoude ou une autre source naturelle d’azote à libération rapide.

C'est quoi la faim d'azote au jardin ?Les symptômes de ce phénomène sont faciles à déceler : Un retard de croissance après un repiquage pour les « légumes feuilles ». Pour des plantes déjà installées comme des arbustes ou des plantes vivaces en massif, de façon inhabituelle les feuilles jaunissent, les pousses après une taille annuelle sont chétives. Après cette coloration, les feuilles finissent par tomber. Les légumes montent rapidement à graines.

Choix des paillis – Critères de choix

En premier lieu : le compost (compost ½ mûr au pied des arbres fruitiers).

Critères de choix :      1. Vitesse de décomposition :

               – si rapide : le paillis nourrit le sol, mais il faut le renouveler régulièrement

            – si lente : le paillis est stable, mais il ne nourrit pas la terre.

                           2. Densité : si le paillis est trop léger, il s’envolera au moindre coup de vent et aura sûrement une faible capacité d’absorption de l’eau.

                           3. Coût : certains paillis du commerce sont fort onéreux particulièrement lorsque la              surface à couvrir est importante

4. Malléabilité : les paillis frais issus de broyage s’épandent facilement, mais offrent peu de résistance à la levée des adventices (mauvaises herbes).        

  les paillis entiers sont plus difficiles à manier, mais ils ont un meilleur rôle isolant.

Paillis du commerce ou « paillis maison » ?

Paillis du commerce

Ils offrent des débouchés économiques de complément à certaines filières agricoles

Sur le plan économique, leur emploi peut donc contribuer à encourager le maintien de ces filières

Sur le plan agronomique, leur supériorité n’est pas toujours avérée + polémiques sur la cohérence écologique (suspicions).

Alternative : on peut produire soi-même d’autres types de paillis locaux et efficaces

Différents paillis très commercialisés

Écorces de pin (très tendance)

Chènevotte (= paillettes du chanvre textile) 

Paillettes de lin 

Fèves (écales/coques) de cacao 

Tourteau de ricin (Attention : toxicité : ricine : dangereux pour les chiens et chats. La parcelle doit être située dans un enclos rendu inaccessible aux animaux domestiques. Néfastes pour les hérissons, mulots, musaraignes, campagnols.

Miscanthus (herbe aux éléphants) : On broie le feuillage et on utilise les tiges pour tuteurer les tomates.

Il existe d’autres paillis moins courants :

Les cosses de sarrasin 

Alternatives aux écorces de pin : mais le prix est très élevé

Les ardoises concassées (schiste)

Le bois de chêne broyé

Le liège concassé

Quelques paillis « maison »

Broyat (piètre couverture, à utiliser en sous-couche)

Tontes de gazon (sans herbicide sélectif) 

 
Parmi les paillis « maison »

Compost en paillis : déchets organiques, de la maison et du jardin

  • En paillis : ils évitent l’érosion du sol, limitent l’arrosage, protègent les plantes contre les ravageurs et maladies
  • En compost : ils se transforment en fertilisant naturel et évitent l’utilisation d’engrais chimiques.

Paille de céréales 

Paille d’avoine est plus stable que celle du blé car elle absorbe moins l’eau, mais elle s’envole plus facilement.

Un « fumier très pailleux » peut être considéré comme une couche de paille qui s’envolera moins facilement avec le vent. La décomposition de ce « fumier très pailleux » est nettement plus rapide.

Foin : Folles herbes séchées sur place (Andainage). Même qualité que la paille, mais il contient de nombreuses graines d’adventices. A mettre au pied des arbres fruitiers.

Feuilles mortes broyées : Lors de l’installation de ce paillis, prévoir un lit de branchages ou une cage en osier pour protéger ponctuellement certains endroits. N.B. : Ne pas utiliser les feuilles de chêne, de châtaignier à cause des tanins. Les limaces n’aiment pas pondre dans ces feuilles.

Pour accélérer le paillis de feuilles mortes humides, les mettre dans un sac plastique biodégradable, faire des trous dans le sac. Pour lester le sac, ajouter 2 ramassettes de sable du Rhin. Après 6 mois, on a déjà un très bon terreau de feuilles. A savoir : les aiguilles de conifères n’ont aucune des qualités des feuilles mortes. Elles sont acidifiantes et ne conviennent pas au potager (pH 6,5). Elles changent le pH. Excepté si le sol est très calcaire (pH varie entre 7 et 14) alors on peut les utiliser. A utiliser lors de la mise en place de myrtilliers, rhododendrons

Frondes de fougères sèches : elles ont une action isolante plus marquée contre les écarts de température au niveau du sol. Elles se décomposent vite, nourrissent la terre de façon équilibrée. Elles permettent d’écarter les altises.  N.B. : excellent répulsif des poux rouges à condition que le poulailler soit désinfecté couramment.

Exemples de PAILLIS avec résidus domestiques :

Papier journal : Piètre paillis, à utiliser en sous-couche. Les encres des journaux actuels sont moins dangereusement biodégradables (encres). Les journaux anciens : encre métaux lourds.

Carton : Bon marché, mais durée de vie courte. Il résiste mal aux intempéries. Quand il est mouillé, il peut devenir imperméable. Il peut aussi causer une « faim d’azote » s’il est employé en quantité importante. Pour composer une bonne sous-couche, pour protéger les jeunes arbres des adventices. Problèmes : glaçage, « tapes collants », colle, étiquettes.

Carton ondulé : Avant on utilisait de la colle d’os, de poissons. Aujourd’hui, on utilise de la colle synthétique néoprène.         Remarque : les cartons IKEA conviennent très bien

Toile de jute (vieux sacs ou toiles) : a une longue durée de vie, retient l’eau dans le sol, mais n’empêche pas la levée des mauvaises herbes, à utiliser en complément d’un autre paillis.

Des Paillis de Fauche De Jardin

Orties Broyées (T.U.T. = Tiges Urticales triturées) : tiges d’orties sans graines, coupées grossièrement, offre les avantages du purin d’ortie et du paillis, mais ce paillis sèche vite offrant une barrière hygrométrique modérée. Ce paillis se décompose rapidement, agissant comme un engrais vert. Il est conseillé de camoufler ce paillis vert sous une couche de paille d’avoine.

Quelques « préjugés répandus » face à la réalité écologique et réponses

  • Le paillis ne transmet pas de maladies aux plantes, car les bactéries, moisissures et champignons qui transforment le paillis en humus freinent les maladies.
  • Le paillis constitue une bonne cachette pour les limaces et pour ses ennemis naturels : les carabes, mille-pattes, staphylins noirs.
  • Le paillis attire les oiseaux qui l’éparpillent, mais ils se régalent des insectes, vers, larves qui se trouvent sous le paillage.
  • Le paillis attire les musaraignes (très utiles au jardin) et les mulots et surmulots (nuisibles aux plantations), mais il attire aussi leurs prédateurs naturels : belette, chat, corvidés, rapaces nocturnes

Remarque : Quand on installe un paillis, tracer un petit sillon pour le tuyau d’arrosage et ne pas arroser les premiers jours.

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